L’ouverture des magasins le dimanche

 

 

Gabrielle : Pascale : travailler le soir, travailler le dimanche, qu’est-ce que tu en penses ? Tu y es plutôt favorable ?

 

Pascale : Ah euh, non, moi je suis complètement contre, surtout si on parle de, du commerce et de l’ouverture des magasins, dimanche ou tard le soir. Je pense que c’est encourager la société de consommation, euh, dans le sens où on incite les gens, euh, à acheter, toujours plus, à tous les moments de la journée. Euh… et puis ça incite aussi les, les, les salariés à vouloir travailler toujours plus, à gagner toujours plus et au final, passer moins de temps de loisirs, passer moins de temps libre avec sa famille et dans sa vie privée. Donc c’est, c’est vraiment, pour moi, le symbole de la société de consommation.

 

Gabrielle : Et toi Kelly, qu’est-ce que tu en penses ?

 

Kelly : Ben, je suis un peu du même avis mais en même temps, je dirais que ça dépend des zones parce qu’il y a des, des zones où il y a des grandes villes et c’est, c’est répondre aussi aux besoins des gens qui habitent là-bas. Et euh, parfois ils ont pas le temps… Donc après le travail, c’est, c’est bien qu’ils puissent trouver des magasins ouverts jusqu’à 22 heures le, le soir, par exemple. Et puis, aussi, il y a toujours des, des jeunes qui, qui ont besoin de financer leurs études et ils peuvent pas le faire la semaine donc c’est bien qu’ils puissent trouver un petit boulot à côté le week-end. Et le samedi, bien sûr, ils veulent sortir donc il leur reste plus que le dimanche.

 

Gabrielle : Et toi Julia, qu’en penses-tu ?

 

Julia : Ben, je suis assez d’accord avec Kelly, mais pour probablement différentes raisons. Je suis très favorable à la possibilité pour les étudiants de gagner de l’argent. C’est, c’est un bonheur pour eux quand ils peuvent travailler le dimanche ou tard le soir. Ça correspond très bien à leur études, ils ont pas d’autres responsabilités, de famille, etc. Mais il y a pas que le secteur de, de, du commerce, hein ! Il y a des fermiers, il y a des restaurateurs.

Et je suis assez, assez contre le fait que le gouvernement puisse dicter à qui que ce soit ce qu’il peut faire avec leur (sic : son) temps libre ou leurs (sic : ses) heures de travail. Je crois qu’un bon sens et en favorisant, euh, le libre arbitre de chacun de choisir est mieux que de légiférer sur quelque chose d’aussi fondamental. Je crois que Pascale veut dire quelque chose : elle est pas du tout d’accord !

 

Pascale : Non, quand tu parles de libre arbitre, je ne suis pas d’accord parce que je ne pense pas que les salariés réellement choisissent, de travailler le dimanche ou de travailler tard le soir. En tout cas, ils sont très peu, finalement, à le choisir. Et dans une entreprise, quand le patron dit : « Vous avez la possibilité si vous le souhaitez de travailler le dimanche ou de travailler le soir », euh, finalement, les, les salariés acceptent parce que, s’ils ne le font pas, euh, ils peuvent être montrés du doigt, ça peut désorganiser l’entreprise aussi et ils peuvent être poussés dehors et voilà, je, je pense que – en majorité – on suit ce que dit le patron et on n’ose pas aller contre une telle proposition de peur des représailles . Donc je, je, je ne crois pas en la notion de libre arbitre, vraiment dans ce cas-là.

 

Julia : Je peux juste dire une chose ? Mon expérience personnelle, mon expérience personnelle là-dessus, c’est quand j’étais étudiante et que justement, je voulais travailler, euh, le dimanche, euh, je devais mettre mon nom sur une liste d’attente pace qu’on était nombreux à vouloir le faire, parce qu’on était payés 50 % de plus, donc c’était vraiment, vraiment, il fallait avoir de la chance et on était limités en nombre de fois qu’on pouvait le faire.

Je crois qu’il y a un petit peu de propagande dans l’idée que ces mauvais patrons poussent ces pauvres mères de famille à bosser le dimanche, parce qu’il y a vraiment plus de personnes qu’on croit qui sont libres, qui n’ont pas forcément de famille, de jeunes enfants à élever, qui veulent justement faire ça, parce qu’ils gagnent plus en le faisant. Il y a tous les services aussi, hein, le secteur des services, il y a les hôpitaux, on pose pas la question, là, hein… Si on est malade un dimanche, ou si on est…, hein, il y a quand même un système de bon sens, si on a l’appendicite le dimanche, on n’accepterait pas d’entendre dire que « Ben non, c’est le week-end, c’est fermé jusqu’à demain matin…

 

Gabrielle : Je crois que Bénédicte veut aussi intervenir dans la discussion…

 

Bénédicte : Oui, donc euh, personnellement, je suis plus de l’avis de Pascale et pour rebondir sur ce que vient de dire Julia, sur ce tu viens de dire, Julia, c’est que je pense que le problème, c’est pas que des choses soient ouvertes ou pas le dimanche, c’est spécialement les commerces et ce que disait Pascale, ce qui est en rapport avec la consommation. Euh, le libéralisme, une société qui propose tout le temps d’acheter, de consommer, eh bien, on n’a pas le temps la semaine, on travaille, et puis le week-end, qu’est-ce qu’on fait ?

On consomme ! Donc je pense qu’il y a d’autres choses à faire, par exemple, s’occuper de son jardin, ça peut être une solution, s’occuper de sa famille, et puis euh, et puis voilà, avoir d’autres activités que de consommer et moi, je suis plus pour un système d’auto-suffisance même si c’est sûr que le développement du pays est important, que c’est un peu compliqué de parler de ça en ce moment, étant donné la crise de l’emploi, et qu’on pourrait se dire que créer des emplois le dimanche, ça pourrait être bon. Mais c’est une question de valeurs et moi, je suis plus pour ne pas permettre aux commerces d’ouvrir comme ça quand ils veulent pour pouvoir faire du bénéfice. Voilà.

 

Julia : Mais est-ce que tu crois réellement que si le gouvernement interdit aux, aux magasins d’ouvrir le dimanche, que les gens vont du jour au lendemain changer leur comportement, arrêter d’acheter et faire du jardin ?

 

Bénédicte : Alors…

 

Julia : Moi je crois personnellement que s’ils ont envie d’acheter, s’ils ont envie de, de, de consommer, ils vont le faire différemment, peut-être via Internet qui se développe beaucoup et on va se trouver avec beaucoup de personnes en train de consommer sur des sites, plutôt que d’aller dans, dans un commerce où il y a des personnes qui sont. Je ne crois pas qu’une législation va changer la nature de l’être humain en ce qui concerne la consommation. Mais c’est, c’est un avis tout à fait personnel.

 

Pascale : Euh, quand les gens ne travaillaient pas le dimanche, quand le dimanche était une journée libre, une journée pour soi, les gens avaient justement ces activités qui nous paraissent maintenant peut-être désuètes , mais avaient ces activités familiales, réellement. Et, finalement, voilà où on en est : maintenant, les gens demandent à travailler le dimanche, à gagner plus.

 

Gabrielle : OK Pascale, alors Kelly lève la main, on va lui donner la parole.

 

Kelly : Oui, justement, Pascale, tu, tu parlais de tradition mais je pense qu’il faut être réaliste et aussi vivre avec son temps. Pour le coup, je vais pas paraître trop conservatrice mais bien au contraire. Euh, je reviens sur l’idée de Julia d’acheter par exemple via Internet. C’est un autre moyen de consommation. Effectivement, si je restais traditionnelle alors j’irais au marché à Amboise le dimanche, par exemple. 

Ceci dit, on pourrait aussi ouvrir le débat des supermarchés ou du « drive » mais moi, je serais bien pour et très favorable à l’idée qu’on puisse aussi ouvrir par exemple les « drives » le dimanche, donc ça va vous paraître complètement extrême mais ce serait pour moi une bonne option aussi et pourtant, j’ai une famille et parfois, eh bien, il y a le temps aussi qui nous contraint et pas forcément l’argent, d’ailleurs.

 

Gabrielle : Béné, tu as perdu ton idée ?

 

Bénédicte : Oui, non, mais pour revenir sur ce que disait tout à l’heure Julia comme quoi c’était du bon sens, que le gouvernement n’a pas à intervenir, et à dire aux gens ce qu’ils ont à faire, que c’est du bon sens puisque… il y a des services à proposer le dimanche, il y a des gens qui ont une demande, en effet, c’est sûr qu’on peut se poser cette question mais je pense que tout de même, le fait que le gouvernement euh… enfin, le gouvernement, c’est censé, euh, à un moment, mettre des, des limites, il y a un cadre, on vit en société, cette société elle a des, elle a des limites, quoi !

Et euh, justement, il peut être là et se poser la question, alors justement, il y a un débat sur ce sujet Mais je pense que c’est important de se, de se poser la question, et c’est pas que une histoire que ça coule de source que tout soit ouvert le, le dimanche, quoi. Ce serait, euh, ce serait trop simple. Même s’il y a une demande en effet, et que je peux comprendre que tu dis, Kelly, concernant le besoin des gens  qui travaillent la semaine. Mais comment on faisait avant, quoi ?! Jusqu’où on va aller après ? C’est ça, aussi ! Vers quoi, vers quoi on se dirige, en, en laissant les choses comme ça, de plus en plus ouvertes… Voilà.

 

Julia : Il y a peut-être une autre dimension qu’on est en train d’ignorer… [Gabrielle : Oui, Julia], euh, c’est la notion de la société en général, de notre monde en général, combien ça a changé depuis cette période nostalgique où tout le monde menait une vie plus calme. Le monde a changé, on est bombardé par la publicité toute la semaine, donc, euh, partout où on regarde, nos oreilles sont remplies avec ça en permanence, donc il y a une incitation, je suis d’accord avec toi, Pascale, je trouve qu’on vit dans une société de consommation, euh, absolument effarante , ça m’effraie aussi.

Et on est en train, je crois, de, de, d’arriver à notre perte en tant que civilisation à travers ça. On crée, on produit beaucoup trop. Mais, en même temps, on nous pousse à produire beaucoup plus. On n’a pas besoin de tout ce qu’on a. On n’a pas besoin d’acheter en permanence. Mais la société envoie un double message. Ils envoient en même temps qu’il faut rester naturel, il faut rester très zen, il faut profiter de sa famille, son jardin, etc. Mais en même temps, pour le bien du pays, il faut consommer, il faut produire plus et plus et plus et plus. Je ne sais pas s’il y a une réponse à ce problème.

 

Pascale : La question, c’est de savoir quel jeu on joue, quelle position on prend. Est-ce qu’on joue le jeu de cette nouvelle société que tu décris toi-même, euh, voilà, comme négative, finalement, ou bien est-ce que ça devient un acte, aussi, civique, un acte humain de se dire, « Non, moi, je, je, je ne joue pas ce jeu-là » et… je ne sais pas.

 

Gabrielle : Le temps nous est compté. Une petite réponse, Kelly ?

 

Kelly : Oui, je serai brève. Pour moi, ça s’appelle juste de l’évolution et l’évolution, c’est soit un retour en arrière, soit on avance, et vivre avec son temps.

 

Gabrielle : Une petite réponse ?

 

Bénédicte : Oui, non, moi, c’est… je suis pas trop d’accord avec cette idée de Kelly, moi je pense plus que la grande question, justement, c’est que chaque citoyen en tant que… acteur de la société devrait réfléchir à ses actes de consommation qui influencent la politique et la société dans laquelle on vit. Voilà.

 

Gabrielle : Merci beaucoup !

 

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